MIELAN. -- Sandra Lourties, 15 ans, est récompensée pour un poème écrit en l'honneur de son père, Jacques, un gendarme tué en service l'hiver dernier.
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Un poème en hommage

C'est dans la poésie que la jeune Miélanaise Sandra Lourties, 15 ans, a voulu évacuer un drame familial qui avait endeuillé les premiers jours de l'année 2007. Le 1er janvier dernier, son père, le gendarme Jacques Lourties, 41 ans, était fauché par une voiture lors d'un contrôle opéré dans les Ardennes. Le lendemain, il décédait de ses blessures à l'hôpital de Charleville-Mézières. Son enterrement fut célébré dans l'Est de la France, à Renwez, en présence de Nicolas Sarkozy et de Michèle Alliot-Marie, alors respectivement ministres de l'Intérieur et de la Défense.
Dix mois et demi plus tard, Sandra Lourties est récompensée pour un poème, " Sa disparition ", dans lequel elle évoque la mémoire de son père. L'Association des membres de l'ordre des palmes académiques lui a en effet attribué le premier prix ex aequo du concours de " défense et illustration de la langue française ".
Ce prix lui a été remis vendredi soir dans les salons de la préfecture du Gers. Avant-hier, Sandra Lourties était encore tout étonnée d'être primée pour un poème qu'elle a d'abord écrit pour elle-même, avant de le peaufiner dans le cadre scolaire.
Injustice. Dès le mois de janvier, quelques jours après les obsèques de son père, Sandra a mis noir sur blanc ce qu'elle avait sur le cœur. Elle y parle de la " rage " qui l'avait envahie après le décès brutal du gendarme Lourties. Elle y parle surtout de " cet excellent père ", " gentil et calme ", qu'elle " aimera toujours ". Le poème raconte les différentes étapes du drame : le choc de cette tragique nouvelle, les circonstances de cet accident provoqué par un chauffard ou encore l'injustice ressentie par la famille.
La jeune fille avait besoin d'exprimer ces sentiments, retranscrits dans ce poème. Alors en troisième au collège Vasconie de Miélan, Sandra a d'abord remporté, grâce à ces vers, un concours interne à l'établissement. Conseillée par son professeur de français, Gabriel Bresson, elle a ensuite reçu une récompense au niveau départemental, avant ce prix national. L'écriture est simple, mais elle évoque parfaitement les sentiments d'une adolescente qui a dû faire le deuil de son père.
L'hiver dernier, cette tristesse avait été largement partagée par de nombreux habitants de Miélan. Jacques Lourties avait grandi dans cette petite ville de l'Astarac. Sa mère habite toujours un quartier résidentiel de la commune, ainsi que son ex-femme et ses deux filles aînées, Sandra et Cynthia. La nouvelle de l'attribution du prix à Sandra a d'ailleurs mis du baume au cœur des proches de la famille Lourties.
Un livre en cours. Actuellement scolarisée en seconde au lycée Alain-Fournier de Mirande, la jeune lauréate ne choisit pas, étonnamment, la filière littéraire. Elle hésite actuellement entre un futur bac économique et social ou scientifique. Dans la foulée, elle intégrera peut-être une école de gendarmerie, même si ce projet doit encore mûrir. Malgré ses choix scolaires, Sandra Lourties ne quittera pas les lettres pour autant. Avec sa grande sœur Cynthia, âgée de 18 ans, elle vient d'entamer la rédaction d'un livre dont le thème sera beaucoup plus léger que le poème " Sa disparition ". " C'est du fantastique ", annonce la jeune fille. " Nous nous mettons en scène, ma sœur et moi, sous d'autres noms ", glisse Sandra dans un sourire, toute fière de son prix et, surtout, de son poème.
Premier prix national (ex æquo):
SANDRA LOURTIES (3ème2)
COLLÈGE VASCONIE- MIELAN
Chef d'établissement : Mme DUBORD Professeur : M. BRESSON
SA DISPARITION
Quand notre Papa est parti
Qu'il a emporté sa vie avec lui
Notre coeur était démuni
Mais la rage nous a après envahis
En effet, sachant quelle était la cause de sa disparition
Comment ça s'était passé, de quelle façon,
Nous voulions connaître les moindres détails
Pour ensuite, ne jamais perdre la bataille.
Nous décidions de garder
Tout ce qu'il était à ce sujet.
Même si la distance nous avait séparés
L'amour, lui, n'avait pas changé.
Puis ce fut le moment d'aller le voir
Dans son lit, lui était tout en noir
Même en sachant qu'il nous avait quittés
Le voir là était impossible à imaginer.
C'est difficile d'évoquer ce qu'on a ressenti
Car arrachée nous a été sa vie.
C'était un homme vraiment très gentil
Il ne méritait pas de mourir ainsi.
C'était un homme gentil et calme
Mais a été enlevée la vie et son âme.
On pense à lui tous les jours
Car notre Papa, on l'aimera toujours.
De cet homme on est fier
Car dans sa vie il était un excellent père
Il était vraiment extraordinaire
Et, à lui, sont désormais adressées nos prières.
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